La Fête de la science 2026 : quand les saveurs deviennent un terrain d’exploration scientifique.
Du 2 au 12 octobre 2026, la Fête de la science revient partout en France avec une promesse aussi simple qu’ambitieuse : rendre la science accessible à tous. Pour cette nouvelle édition, placée sous le thème « Saveurs savantes », chercheurs, enseignants, étudiants, médiateurs scientifiques, associations, musées et collectivités inviteront le public à regarder autrement ce qui se trouve chaque jour dans nos assiettes.
L’alimentation, le goût et la cuisine deviennent ainsi de véritables portes d’entrée vers la physique, la chimie, la biologie, les neurosciences, l’environnement et même les sciences humaines et sociales.

Une fête nationale, mais une science qui se vit au plus près des territoires
La Fête de la science ne se déroule pas dans un seul lieu. Elle s’organise simultanément dans des milliers de lieux et d’événements à travers le territoire, dans les universités, laboratoires, musées, bibliothèques, établissements scolaires, associations, centres de culture scientifique et parfois dans des lieux spécialement aménagés pour l’occasion.
En Hauts-de-France, le dispositif sera particulièrement dense. Près de 150 événements, répartis dans plus de 60 communes et 121 lieux, sont annoncés pour cette édition. Ils mobiliseront près de 280 structures, parmi lesquelles des universités, collèges et lycées, bibliothèques, musées, grandes écoles, organismes de recherche et centres sociaux. Onze « villages des sciences » seront également proposés dans la région.
Dans l’Oise, l’un des rendez-vous importants sera organisé à Compiègne, où l’Université de Technologie de Compiègne et l’ESCOM accueilleront, du 8 au 11 octobre, un Village des sciences et de la technologie consacré notamment aux liens entre alimentation, technologie et recherche.
Environ 45 stands, ateliers et expositions y sont annoncés. Les visiteurs pourront notamment découvrir la cuisine moléculaire, les bactéries, les sols, le climat, les plantes, les abeilles ou encore les procédés de transformation alimentaire.
« Saveurs savantes » : pourquoi parler de cuisine dans une fête scientifique ?
Le choix du thème n’a rien d’anecdotique.
Derrière une assiette se cachent une multitude de phénomènes scientifiques. Pourquoi un aliment change-t-il de texture lorsqu’il est cuit ? Comment une émulsion se forme-t-elle ? Pourquoi certaines odeurs nous mettent-elles immédiatement en appétit ? Quel rôle jouent les bactéries dans la fermentation ? Comment notre cerveau reconnaît-il une saveur ? Quel est l’impact environnemental de ce que nous mangeons ?
La thématique permet ainsi de faire dialoguer plusieurs disciplines.
La physique et la chimie s’intéressent notamment aux phénomènes de cuisson, aux émulsions, à la gélification, aux colorants ou aux méthodes de conservation. La biologie et la microbiologie permettent de comprendre la digestion, le microbiote, les levures, les bactéries et la fermentation. Les neurosciences explorent les mécanismes du goût, de l’odorat, de l’appétit et de la satiété.
L’environnement occupe également une place importante : modes de production, consommation, ressources naturelles et conséquences écologiques de notre alimentation sont autant de sujets susceptibles d’être abordés. Enfin, les sciences humaines et sociales permettent de réfléchir à l’histoire de la cuisine, aux habitudes alimentaires et à la dimension culturelle de l’alimentation.
Des chercheurs au contact du public
L’une des particularités de la Fête de la science est précisément de faire sortir la recherche des laboratoires.
Le public pourra rencontrer des scientifiques, assister à des conférences, participer à des expériences et échanger directement avec celles et ceux qui produisent les connaissances.
En Hauts-de-France, l’édition 2026 sera notamment représentée par un binôme d’ambassadeurs : Rozenn Ravallec, professeure à l’Université de Lille et directrice de l’Unité Mixte de Recherche transfrontalière BioEcoAgro, et Anthony Treizebre, professeur à l’Université de Lille et chercheur à l’Institut d’Électronique, de Microélectronique et de Nanotechnologie.
Mais ils ne seront évidemment pas les seuls acteurs de cette manifestation. La programmation repose sur tout un écosystème : chercheurs et enseignants-chercheurs, étudiants, établissements scolaires, associations de médiation scientifique, bibliothèques, musées, collectivités, organismes de recherche et acteurs culturels.
Une organisation construite plusieurs mois à l’avance
Derrière les quelques heures d’un atelier ou d’une conférence se cache une organisation qui commence bien avant le mois d’octobre.
En Hauts-de-France, la coordination régionale est confiée par l’État et la Région à Ombelliscience, agence régionale de culture scientifique, technique et industrielle. Son rôle consiste notamment à accompagner les porteurs de projets, coordonner la programmation et favoriser les partenariats entre les différents acteurs.
Pour l’édition 2026, l’appel à projets a été lancé au printemps. Les structures candidates ont pu déposer leurs projets jusqu’au 6 mai, avant leur examen par un comité de labellisation au début du mois de juin. Les projets retenus ont ensuite été intégrés à la programmation régionale.
Cette organisation permet de construire une manifestation à la fois nationale dans son principe et très locale dans sa réalisation.
Une école peut ainsi proposer une expérience à ses élèves, une bibliothèque organiser une rencontre, un musée monter une exposition, une université ouvrir ses laboratoires ou une association imaginer un atelier scientifique. Tous ces événements s’inscrivent dans une même dynamique : rapprocher la science des citoyens.
Des formats très différents pour toucher tous les publics
La Fête de la science ne se limite donc pas aux conférences.
Les organisateurs privilégient des formats participatifs : ateliers, expériences, jeux, expositions, spectacles, visites de laboratoires, rencontres avec des chercheurs, parcours scientifiques et villages des sciences. Une « Nuit de la science » est également prévue le vendredi 2 octobre dans le cadre régional.
Les scolaires constituent un public important, mais la manifestation s’adresse aussi aux familles, aux enfants, aux adolescents, aux étudiants et aux adultes.
L’objectif est de montrer que la science n’est pas réservée aux spécialistes. Elle intervient dans les gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne : manger, cuisiner, respirer, se déplacer, communiquer ou encore comprendre son environnement.
Pourquoi cette manifestation est-elle importante ?
Au-delà du caractère ludique, la Fête de la science poursuit plusieurs objectifs.
Elle cherche d’abord à favoriser le dialogue entre les scientifiques et les citoyens, à permettre une meilleure compréhension des avancées de la recherche et à donner accès à une information scientifique de qualité.
Elle cherche également à susciter des vocations, notamment chez les jeunes. En rencontrant directement des chercheurs et en expérimentant par eux-mêmes, les enfants et les adolescents peuvent découvrir des métiers et des domaines scientifiques qu’ils ne connaissent pas nécessairement.
Enfin, dans une période où les questions liées à l’alimentation, au climat, à la santé ou aux nouvelles technologies prennent une importance croissante dans le débat public, comprendre la science permet aussi de mieux participer aux décisions collectives.
Une invitation à « goûter » la science
Avec « Saveurs savantes », la Fête de la science 2026 fait donc le pari de partir d’une expérience universelle : manger.
Une bouchée peut devenir une expérience de chimie. Une odeur, une question de neurosciences. Une fermentation, une leçon de microbiologie. Une production agricole, une réflexion sur l’environnement. Une recette traditionnelle, un sujet d’histoire et de culture.
C’est toute la philosophie de cette manifestation : montrer que la science n’est pas uniquement présente dans les laboratoires ou les livres scolaires. Elle est autour de nous, jusque dans notre assiette.
Du 2 au 12 octobre 2026, partout en France et notamment dans les Hauts-de-France, le public sera donc invité non seulement à apprendre, mais surtout à expérimenter, questionner et échanger avec celles et ceux qui font vivre la science au quotidien.
