Marathon de Chicago 2026 : les stars, le parcours et les enjeux d’une course mythique.
Dimanche 11 octobre 2026, Chicago accueillera la 48e édition du Bank of America Chicago Marathon. Et cette année encore, la troisième étape américaine du circuit Abbott World Marathon Majors promet un spectacle exceptionnel.
Plus de 55 000 coureurs sont attendus dans les rues de la métropole de l’Illinois. Ils seront accompagnés par une foule impressionnante : environ 1,7 million de spectateurs devraient se masser le long des 42,195 kilomètres.
Mais derrière cette gigantesque fête populaire se cache également une course de très haut niveau. Le plateau professionnel 2026 est considéré comme l’un des plus relevés de l’histoire récente de Chicago.

Jacob Kiplimo, l’homme à battre.
Chez les hommes, tous les regards seront tournés vers Jacob Kiplimo.
L’Ougandais de 25 ans revient à Chicago pour défendre son titre remporté en 2025 en 2 h 02 min 23 s, alors qu’il ne disputait que son deuxième marathon. Cette performance avait constitué le deuxième meilleur chrono de l’histoire de la course.
Mais Kiplimo a énormément progressé depuis.
En 2026, il a notamment couru 2 h 00 min 28 s à Londres, troisième meilleure performance de l’histoire du marathon, et il a également établi le record du monde du semi-marathon en 57 min 20 s.
Autrement dit, Chicago pourrait être le théâtre d’une tentative très sérieuse de se rapprocher, voire de s’attaquer au mythique record du parcours : 2 h 00 min 35 s, établi par le regretté Kelvin Kiptum en 2023.
Kiplimo aura cependant une opposition redoutable.
Amos Kipruto, l’un des principaux rivaux
Le Kenyan Amos Kipruto connaît parfaitement le podium de Chicago : troisième en 2024 puis deuxième en 2025.
Il arrive cette année avec un nouveau record personnel de 2 h 01 min 39 s, réalisé à Londres derrière Kiplimo. Il possède donc les armes pour transformer la revanche en véritable duel.
Parmi les autres candidats à la victoire figurent notamment :
Milkesa Mengesha, vainqueur du marathon de Berlin 2024 ;
Tadese Takele Bikila, double vainqueur du marathon de Tokyo ;
Daniel Mateiko, auteur d’un 2 h 03 min 44 s à Tokyo ;
Charles Hicks, nouvelle figure montante du marathon américain ;
Alex Masai, troisième à Chicago en 2025 ;
Suguru Osako, grande référence japonaise.
Six hommes engagés à Chicago ont déjà couru sous les 2 h 04.
Charles Hicks, l’Américain à surveiller
L’Américain Charles Hicks sera particulièrement suivi par le public local.
Il a réalisé 2 h 04 min 35 s à Boston en 2026, deuxième meilleur temps jamais réalisé par un marathonien américain. Il sera notamment accompagné par l’expérimenté Galen Rupp, champion de Chicago en 2017 et médaillé olympique, ainsi que par Clayton Young.
Chez les femmes : le retour très attendu de Brigid Kosgei
La course féminine s’annonce tout aussi passionnante.
La championne en titre, l’Éthiopienne Hawi Feysa, remettra son titre en jeu. Elle avait remporté Chicago en 2025 en 2 h 14 min 57 s, avec une avance de plus de deux minutes sur ses poursuivantes.
Mais elle devra affronter une immense star du marathon mondial : Brigid Kosgei.
La Kenyane, ancienne détentrice du record du monde du marathon, est double vainqueure à Chicago. Elle avait notamment dominé l’édition 2019 en 2 h 14 min 04 s.
Après sa victoire au marathon de Tokyo en 2026, Kosgei effectuera son grand retour à Chicago. Elle n’y avait plus couru depuis son triomphe de 2019.
Autre attraction majeure : Sharon Lokedi.
La Kenyane, vainqueure du marathon de New York en 2022 et de Boston en 2025 et 2026, découvrira pour la première fois le marathon de Chicago. Son arrivée renforce considérablement la densité de la course féminine.
Il faudra également suivre les Éthiopiennes Sutume Kebede et Megertu Alemu, habituées aux premières places sur les grands marathons internationaux.
Une course dessinée pour aller très vite
Chicago possède une caractéristique essentielle : son parcours est extrêmement plat et rapide.
Le départ et l’arrivée sont installés à Grant Park, au cœur de la ville. Entre les deux, les coureurs traversent 29 quartiers de Chicago.
Le tracé est devenu célèbre pour ses performances chronométriques. Il a déjà permis d’établir sept records du monde et d’innombrables records personnels.
Le parcours traverse notamment les secteurs du nord, de l’ouest et du sud de la ville avant de ramener progressivement les coureurs vers Grant Park.
Pour les spectateurs, c’est également l’une des particularités de Chicago : il est possible de voir plusieurs fois les coureurs à différents endroits du parcours.
Comment va se dérouler la journée ?
La matinée commencera très tôt.
Grant Park ouvrira aux coureurs dès 5 h 30. Les premières compétitions seront celles des athlètes en fauteuil roulant.
Le programme prévoit :
7 h 20 : départ hommes en fauteuil roulant ;
7 h 21 : départ femmes en fauteuil roulant ;
7 h 23 : départ handcycle ;
7 h 30 : départ des athlètes professionnels ;
7 h 32 : High Performance Program ;
7 h 35 : première vague des coureurs ;
8 h 00 : deuxième vague ;
8 h 35 : troisième vague.
Les derniers participants disposeront ensuite de plusieurs heures pour rejoindre l’arrivée.
Une organisation gigantesque
Organiser Chicago est un véritable défi logistique.
Environ 55 000 coureurs, 10 000 bénévoles et 1,7 million de spectateurs sont attendus.
Le parcours comprend notamment 20 postes de ravitaillement, répartis approximativement tous les 1 à 2 miles. Des dispositifs médicaux et des équipes de secours sont également répartis le long du tracé.
La circulation automobile sera fortement perturbée : les rues situées sur le parcours seront progressivement fermées à partir de 6 heures du matin, certaines ne rouvrant qu’après le passage des derniers coureurs. Les fermetures sont prévues jusqu’à environ 16 heures selon les secteurs.
Avant la course, les participants pourront également se rendre à l’Abbott Health & Fitness Expo, organisée du jeudi 8 au samedi 10 octobre au McCormick Place Convention Center.
Une course, mais aussi une énorme machine économique et caritative
Le marathon de Chicago dépasse largement le cadre sportif.
En 2025, l’événement a généré environ 755,9 millions de dollars d’impact économique pour la région de Chicago. Les coureurs participent également à un immense mouvement caritatif : l’édition 2025 avait permis de collecter 47,1 millions de dollars pour des associations.
C’est donc à la fois un marathon de très haut niveau, une immense fête populaire et un événement économique majeur pour la ville.
Combien gagne le vainqueur ?
Le marathon de Chicago fait partie des courses les plus rémunératrices du monde.
Sur la base de la grille de référence publiée pour les dernières éditions, le vainqueur et la vainqueure de l’épreuve élite peuvent prétendre à 100 000 dollars chacun. Le deuxième reçoit 75 000 dollars, le troisième 50 000 dollars, le quatrième 30 000 dollars et le cinquième 25 000 dollars.
À cela peuvent s’ajouter différents bonus.
Le record du parcours est notamment associé à un bonus de 50 000 dollars. Le record masculin appartient toujours à Kelvin Kiptum avec 2 h 00 min 35 s, tandis que le record féminin est de 2 h 09 min 56 s.
Il faut toutefois distinguer ces primes officielles des éventuels contrats des athlètes avec leurs équipementiers, des primes personnelles et des droits liés à leur statut de star internationale.
Le fauteuil roulant également récompensé
L’édition 2026 marque une évolution importante.
Chicago a augmenté les récompenses destinées aux athlètes en fauteuil roulant. Le vainqueur et la vainqueure des catégories professionnelles T53/T54 recevront désormais 50 000 dollars.
L’enveloppe totale consacrée aux compétitions professionnelles en fauteuil roulant atteint 290 000 dollars pour les hommes et les femmes.
Le marathon introduit également en 2026 des primes pour les sept catégories du Para Athletics Program : 2 500 dollars au premier, 1 500 dollars au deuxième et 1 000 dollars au troisième dans chaque catégorie. Au total, l’événement dépasse désormais un million de dollars de prize money en incluant les différentes compétitions.
Le grand suspense : un nouveau record du monde ?
C’est probablement la question qui passionnera les amateurs d’athlétisme.
Chicago est l’une des villes les plus rapides du calendrier. Kiplimo possède désormais un chrono de 2 h 00 min 28 s, seulement 23 secondes au-dessus du record du parcours de Kiptum.
Mais courir 42,195 kilomètres sous une allure proche de 2 heures exige une régularité presque parfaite.
La météo pourrait donc jouer un rôle déterminant. Un parcours plat, une température fraîche et peu de vent pourraient permettre aux meilleurs de maintenir une allure extrêmement élevée. À l’inverse, le vent ou une chaleur inhabituelle pourraient transformer la course en simple bataille pour la victoire.
Chez les femmes, la présence de Brigid Kosgei offre également une perspective fascinante : son record personnel de 2 h 14 min 04 s reste inférieur de plusieurs minutes au record du parcours de 2 h 09 min 56 s, mais son retour à Chicago sera l’un des grands événements de la journée.
Pourquoi Chicago est un marathon à part
Chicago fait partie des grands marathons mondiaux avec Boston, Londres, Berlin, New York, Tokyo et Sydney.
Mais il possède une identité particulière.
C’est un marathon conçu pour la vitesse, avec un parcours plat et très régulier. C’est aussi un événement populaire gigantesque, où les meilleurs athlètes du monde courent au milieu de dizaines de milliers d’amateurs.
Le 11 octobre, deux courses se dérouleront donc simultanément.
D’un côté, Jacob Kiplimo, Amos Kipruto, Brigid Kosgei, Sharon Lokedi et Hawi Feysa chercheront la victoire, les records et les dizaines de milliers de dollars de récompense.
De l’autre, plus de 55 000 coureurs tenteront simplement de battre leur propre record, de terminer leur premier marathon ou de vivre l’une des plus grandes expériences sportives de leur vie.
Et c’est précisément cette coexistence entre l’élite mondiale et le coureur amateur qui fait la magie du marathon de Chicago.
