Les nappes phréatiques en France

Nappes phréatiques en France : comprendre une ressource en eau essentielle.

Invisible depuis la surface, l’eau souterraine joue pourtant un rôle majeur dans l’alimentation en eau de la France. Stockées dans les pores et les fissures des roches, les nappes phréatiques constituent une réserve précieuse pour l’eau potable, l’agriculture et de nombreux usages industriels.

Mais ces réserves sont fragiles. Leur niveau dépend directement des précipitations, de la température, de l’état des sols et des prélèvements humains. Et contrairement à une idée reçue, quelques jours de pluie ne suffisent pas nécessairement à reconstituer une nappe.

Qu’est-ce qu’une nappe phréatique ?

Nappes phréatiques en France : comprendre une ressource en eau essentielle

Invisible depuis la surface, l’eau souterraine joue pourtant un rôle majeur dans l’alimentation en eau de la France. Stockées dans les pores et les fissures des roches, les nappes phréatiques constituent une réserve précieuse pour l’eau potable, l’agriculture et de nombreux usages industriels.

Mais ces réserves sont fragiles. Leur niveau dépend directement des précipitations, de la température, de l’état des sols et des prélèvements humains. Et contrairement à une idée reçue, quelques jours de pluie ne suffisent pas nécessairement à reconstituer une nappe.

Qu’est-ce qu’une nappe phréatique ?

Une nappe phréatique est une réserve d’eau souterraine contenue dans un aquifère, c’est-à-dire une formation géologique capable de stocker et de faire circuler l’eau.

L’image d’un immense lac souterrain est toutefois trompeuse. L’eau ne forme généralement pas une grande poche vide sous la terre : elle occupe les espaces disponibles dans les roches, notamment les pores des sables et des graviers ou les fissures et fractures de certaines roches.

On distingue notamment les nappes libres, directement en contact avec les eaux qui s’infiltrent depuis la surface, et les nappes captives, situées sous des couches géologiques peu perméables et pouvant être sous pression.

La première nappe rencontrée sous la surface est communément appelée nappe phréatique.

Comment les nappes phréatiques se rechargent-elles ?

La recharge des nappes dépend principalement de l’infiltration des précipitations.

Lorsqu’il pleut, une partie de l’eau ruisselle, une autre est retenue dans les sols ou utilisée par la végétation, tandis qu’une fraction s’infiltre progressivement vers les couches souterraines. Cette eau finit par alimenter les aquifères.

La période la plus favorable à cette recharge se situe généralement entre l’automne et le début du printemps. À cette période, les températures sont plus faibles, l’évaporation est limitée et la végétation prélève moins d’eau dans les sols.

À l’inverse, au printemps et en été, une grande partie des précipitations est consommée par la végétation ou retourne dans l’atmosphère. Les nappes entrent alors généralement dans une phase de vidange.

Pourquoi une forte pluie ne suffit-elle pas toujours ?

Une pluie intense peut être spectaculaire sans pour autant recharger efficacement une nappe.

Lorsque les précipitations sont très concentrées, l’eau peut ruisseler rapidement vers les rivières au lieu de s’infiltrer. En été, les températures élevées et l’activité de la végétation augmentent également l’évapotranspiration.

Il faut donc distinguer la pluie qui tombe de la pluie efficace, c’est-à-dire la fraction des précipitations réellement disponible pour alimenter les réserves souterraines.

Des nappes très différentes selon les régions

Toutes les nappes françaises ne réagissent pas de la même manière aux précipitations.

Certaines sont dites réactives : leur niveau peut monter rapidement après des épisodes pluvieux, mais elles peuvent également se vider rapidement pendant une période sèche.

D’autres sont qualifiées d’inertielles. Leur évolution est beaucoup plus lente et peut dépendre des précipitations accumulées sur plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Cette diversité explique pourquoi la situation des nappes peut être très contrastée entre deux régions françaises, voire entre deux aquifères voisins.

Quel est l’état des nappes phréatiques en France en 2026 ?

La situation observée à la fin de l’été 2026 est préoccupante.

Selon le dernier bulletin du BRGM, publié le 8 septembre 2026, 90 % des niveaux suivis étaient en baisse en août. À la fin du mois, 61 % des points d’observation se situaient sous les normales mensuelles, contre 44 % à la même période en 2025.

Cette dégradation s’explique notamment par le déficit de pluie efficace observé depuis le printemps, des températures élevées et la poursuite des prélèvements liés aux différents usages de l’eau.

La situation reste toutefois très différente selon les territoires. Certaines nappes conservent des niveaux relativement favorables, tandis que d’autres affichent des niveaux particulièrement bas. Le BRGM signale notamment une situation très basse pour les nappes du socle limousin, les calcaires du Jura et la plaine nord d’Alsace. À l’inverse, certaines nappes, notamment dans la région de la Vistrenque, présentent encore des niveaux élevés.

Ces chiffres montrent une réalité essentielle : parler de « l’état des nappes françaises » ne signifie pas que toutes les nappes évoluent de la même façon.

Pourquoi les nappes phréatiques sont-elles essentielles ?

Les eaux souterraines constituent une ressource stratégique pour la France.

Dans l’Hexagone, elles représentent près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de la consommation du secteur agricole. Elles sont également utilisées par l’industrie.

Les nappes jouent aussi un rôle écologique majeur. Elles alimentent les sources, contribuent au débit de certains cours d’eau, notamment pendant les périodes sèches, et participent au fonctionnement de nombreuses zones humides.

Une baisse importante du niveau des nappes ne concerne donc pas uniquement les puits ou les forages. Elle peut également avoir des conséquences sur les rivières, les milieux humides et les écosystèmes qui dépendent des eaux souterraines.

Le changement climatique complique la recharge

Le changement climatique constitue un enjeu supplémentaire pour les eaux souterraines.

La hausse des températures augmente l’évapotranspiration et peut réduire la quantité d’eau disponible pour l’infiltration. Le BRGM souligne également que la période de recharge peut se raccourcir lorsque la végétation reste active plus longtemps en automne ou reprend son activité plus tôt au printemps.

Le problème n’est donc pas uniquement de savoir combien de pluie tombe chaque année. La saison à laquelle elle tombe, son intensité, la température et l’état des sols sont tout aussi importants.

Des précipitations très abondantes sur une courte période peuvent par ailleurs provoquer du ruissellement et des inondations sans nécessairement permettre une recharge équivalente des nappes.

Comment surveille-t-on les nappes en France ?

Le niveau des eaux souterraines est suivi grâce à des piézomètres, des ouvrages permettant de mesurer le niveau de l’eau dans les aquifères.

Le BRGM assure la surveillance du réseau piézométrique national, qui compte environ 1 650 ouvrages de surveillance équipés pour transmettre les mesures.

Ces données permettent de comparer le niveau observé à des références historiques et de suivre les tendances : hausse, stabilité ou baisse.

Cette surveillance est essentielle pour anticiper les périodes de tension sur la ressource et contribuer aux décisions concernant les prélèvements et les restrictions d’eau.

Peut-on reconstituer rapidement une nappe phréatique ?

Pas nécessairement.

Une nappe peut avoir besoin de plusieurs mois pour se recharger, et certaines nappes dites inertielles répondent aux précipitations avec un décalage beaucoup plus important. La vitesse de circulation de l’eau dépend notamment de la nature des roches et de leur perméabilité.

C’est pourquoi l’arrivée de pluies abondantes à l’automne est généralement une bonne nouvelle, mais ne garantit pas à elle seule le retour immédiat à un niveau normal.

Pour les nappes fortement déficitaires, il faut parfois plusieurs saisons favorables pour reconstituer durablement les réserves.

Quels sont les principaux enjeux pour l’avenir ?

La gestion des nappes phréatiques repose sur un équilibre délicat entre leur recharge naturelle et les prélèvements humains.

Plusieurs leviers peuvent contribuer à préserver cette ressource : limiter les consommations lorsque cela est nécessaire, améliorer l’efficacité de l’irrigation, réduire les fuites, préserver les sols capables de favoriser l’infiltration et mieux adapter les usages aux ressources disponibles.

La question est d’autant plus importante que l’eau souterraine possède une caractéristique particulière : elle est invisible. Une rivière peut sembler normale alors qu’une réserve souterraine se dégrade progressivement.

À retenir

Les nappes phréatiques constituent l’une des grandes réserves d’eau douce de la France. Elles se rechargent principalement pendant les mois les plus favorables à l’infiltration, surtout en automne et en hiver, puis se vidangent généralement au printemps et en été.

Leur évolution dépend cependant fortement du type d’aquifère, des conditions météorologiques et des prélèvements.

À l’heure où les épisodes de sécheresse et les températures élevées deviennent des facteurs de pression importants, leur surveillance et leur gestion durable deviennent essentielles.

En septembre 2026, le constat est particulièrement important : 61 % des points d’observation suivis par le BRGM affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles et 90 % sont encore en baisse. La recharge automnale sera donc déterminante pour l’évolution des réserves dans les prochains mois.

Une nappe phréatique est une réserve d’eau souterraine contenue dans un aquifère, c’est-à-dire une formation géologique capable de stocker et de faire circuler l’eau.

Nappes phréatiques en France : comprendre une ressource en eau essentielle

Invisible depuis la surface, l’eau souterraine joue pourtant un rôle majeur dans l’alimentation en eau de la France. Stockées dans les pores et les fissures des roches, les nappes phréatiques constituent une réserve précieuse pour l’eau potable, l’agriculture et de nombreux usages industriels.

Mais ces réserves sont fragiles. Leur niveau dépend directement des précipitations, de la température, de l’état des sols et des prélèvements humains. Et contrairement à une idée reçue, quelques jours de pluie ne suffisent pas nécessairement à reconstituer une nappe.

Qu’est-ce qu’une nappe phréatique ?

Une nappe phréatique est une réserve d’eau souterraine contenue dans un aquifère, c’est-à-dire une formation géologique capable de stocker et de faire circuler l’eau.

L’image d’un immense lac souterrain est toutefois trompeuse. L’eau ne forme généralement pas une grande poche vide sous la terre : elle occupe les espaces disponibles dans les roches, notamment les pores des sables et des graviers ou les fissures et fractures de certaines roches.

On distingue notamment les nappes libres, directement en contact avec les eaux qui s’infiltrent depuis la surface, et les nappes captives, situées sous des couches géologiques peu perméables et pouvant être sous pression.

La première nappe rencontrée sous la surface est communément appelée nappe phréatique.

Comment les nappes phréatiques se rechargent-elles ?

La recharge des nappes dépend principalement de l’infiltration des précipitations.

Lorsqu’il pleut, une partie de l’eau ruisselle, une autre est retenue dans les sols ou utilisée par la végétation, tandis qu’une fraction s’infiltre progressivement vers les couches souterraines. Cette eau finit par alimenter les aquifères.

La période la plus favorable à cette recharge se situe généralement entre l’automne et le début du printemps. À cette période, les températures sont plus faibles, l’évaporation est limitée et la végétation prélève moins d’eau dans les sols.

À l’inverse, au printemps et en été, une grande partie des précipitations est consommée par la végétation ou retourne dans l’atmosphère. Les nappes entrent alors généralement dans une phase de vidange.

Pourquoi une forte pluie ne suffit-elle pas toujours ?

Une pluie intense peut être spectaculaire sans pour autant recharger efficacement une nappe.

Lorsque les précipitations sont très concentrées, l’eau peut ruisseler rapidement vers les rivières au lieu de s’infiltrer. En été, les températures élevées et l’activité de la végétation augmentent également l’évapotranspiration.

Il faut donc distinguer la pluie qui tombe de la pluie efficace, c’est-à-dire la fraction des précipitations réellement disponible pour alimenter les réserves souterraines.

Des nappes très différentes selon les régions

Toutes les nappes françaises ne réagissent pas de la même manière aux précipitations.

Certaines sont dites réactives : leur niveau peut monter rapidement après des épisodes pluvieux, mais elles peuvent également se vider rapidement pendant une période sèche.

D’autres sont qualifiées d’inertielles. Leur évolution est beaucoup plus lente et peut dépendre des précipitations accumulées sur plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Cette diversité explique pourquoi la situation des nappes peut être très contrastée entre deux régions françaises, voire entre deux aquifères voisins.

Quel est l’état des nappes phréatiques en France en 2026 ?

La situation observée à la fin de l’été 2026 est préoccupante.

Selon le dernier bulletin du BRGM, publié le 8 septembre 2026, 90 % des niveaux suivis étaient en baisse en août. À la fin du mois, 61 % des points d’observation se situaient sous les normales mensuelles, contre 44 % à la même période en 2025.

Cette dégradation s’explique notamment par le déficit de pluie efficace observé depuis le printemps, des températures élevées et la poursuite des prélèvements liés aux différents usages de l’eau.

La situation reste toutefois très différente selon les territoires. Certaines nappes conservent des niveaux relativement favorables, tandis que d’autres affichent des niveaux particulièrement bas. Le BRGM signale notamment une situation très basse pour les nappes du socle limousin, les calcaires du Jura et la plaine nord d’Alsace. À l’inverse, certaines nappes, notamment dans la région de la Vistrenque, présentent encore des niveaux élevés.

Ces chiffres montrent une réalité essentielle : parler de « l’état des nappes françaises » ne signifie pas que toutes les nappes évoluent de la même façon.

Pourquoi les nappes phréatiques sont-elles essentielles ?

Les eaux souterraines constituent une ressource stratégique pour la France.

Dans l’Hexagone, elles représentent près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de la consommation du secteur agricole. Elles sont également utilisées par l’industrie.

Les nappes jouent aussi un rôle écologique majeur. Elles alimentent les sources, contribuent au débit de certains cours d’eau, notamment pendant les périodes sèches, et participent au fonctionnement de nombreuses zones humides.

Une baisse importante du niveau des nappes ne concerne donc pas uniquement les puits ou les forages. Elle peut également avoir des conséquences sur les rivières, les milieux humides et les écosystèmes qui dépendent des eaux souterraines.

Le changement climatique complique la recharge

Le changement climatique constitue un enjeu supplémentaire pour les eaux souterraines.

La hausse des températures augmente l’évapotranspiration et peut réduire la quantité d’eau disponible pour l’infiltration. Le BRGM souligne également que la période de recharge peut se raccourcir lorsque la végétation reste active plus longtemps en automne ou reprend son activité plus tôt au printemps.

Le problème n’est donc pas uniquement de savoir combien de pluie tombe chaque année. La saison à laquelle elle tombe, son intensité, la température et l’état des sols sont tout aussi importants.

Des précipitations très abondantes sur une courte période peuvent par ailleurs provoquer du ruissellement et des inondations sans nécessairement permettre une recharge équivalente des nappes.

Comment surveille-t-on les nappes en France ?

Le niveau des eaux souterraines est suivi grâce à des piézomètres, des ouvrages permettant de mesurer le niveau de l’eau dans les aquifères.

Le BRGM assure la surveillance du réseau piézométrique national, qui compte environ 1 650 ouvrages de surveillance équipés pour transmettre les mesures.

Ces données permettent de comparer le niveau observé à des références historiques et de suivre les tendances : hausse, stabilité ou baisse.

Cette surveillance est essentielle pour anticiper les périodes de tension sur la ressource et contribuer aux décisions concernant les prélèvements et les restrictions d’eau.

Peut-on reconstituer rapidement une nappe phréatique ?

Pas nécessairement.

Une nappe peut avoir besoin de plusieurs mois pour se recharger, et certaines nappes dites inertielles répondent aux précipitations avec un décalage beaucoup plus important. La vitesse de circulation de l’eau dépend notamment de la nature des roches et de leur perméabilité.

C’est pourquoi l’arrivée de pluies abondantes à l’automne est généralement une bonne nouvelle, mais ne garantit pas à elle seule le retour immédiat à un niveau normal.

Pour les nappes fortement déficitaires, il faut parfois plusieurs saisons favorables pour reconstituer durablement les réserves.

Quels sont les principaux enjeux pour l’avenir ?

La gestion des nappes phréatiques repose sur un équilibre délicat entre leur recharge naturelle et les prélèvements humains.

Plusieurs leviers peuvent contribuer à préserver cette ressource : limiter les consommations lorsque cela est nécessaire, améliorer l’efficacité de l’irrigation, réduire les fuites, préserver les sols capables de favoriser l’infiltration et mieux adapter les usages aux ressources disponibles.

La question est d’autant plus importante que l’eau souterraine possède une caractéristique particulière : elle est invisible. Une rivière peut sembler normale alors qu’une réserve souterraine se dégrade progressivement.

À retenir

Les nappes phréatiques constituent l’une des grandes réserves d’eau douce de la France. Elles se rechargent principalement pendant les mois les plus favorables à l’infiltration, surtout en automne et en hiver, puis se vidangent généralement au printemps et en été.

Leur évolution dépend cependant fortement du type d’aquifère, des conditions météorologiques et des prélèvements.

À l’heure où les épisodes de sécheresse et les températures élevées deviennent des facteurs de pression importants, leur surveillance et leur gestion durable deviennent essentielles.

En septembre 2026, le constat est particulièrement important : 61 % des points d’observation suivis par le BRGM affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles et 90 % sont encore en baisse. La recharge automnale sera donc déterminante pour l’évolution des réserves dans les prochains mois.

L’image d’un immense lac souterrain est toutefois trompeuse. L’eau ne forme généralement pas une grande poche vide sous la terre : elle occupe les espaces disponibles dans les roches, notamment les pores des sables et des graviers ou les fissures et fractures de certaines roches.

On distingue notamment les nappes libres, directement en contact avec les eaux qui s’infiltrent depuis la surface, et les nappes captives, situées sous des couches géologiques peu perméables et pouvant être sous pression.

La première nappe rencontrée sous la surface est communément appelée nappe phréatique.

Comment les nappes phréatiques se rechargent-elles ?

La recharge des nappes dépend principalement de l’infiltration des précipitations.

Lorsqu’il pleut, une partie de l’eau ruisselle, une autre est retenue dans les sols ou utilisée par la végétation, tandis qu’une fraction s’infiltre progressivement vers les couches souterraines. Cette eau finit par alimenter les aquifères.

La période la plus favorable à cette recharge se situe généralement entre l’automne et le début du printemps. À cette période, les températures sont plus faibles, l’évaporation est limitée et la végétation prélève moins d’eau dans les sols.

À l’inverse, au printemps et en été, une grande partie des précipitations est consommée par la végétation ou retourne dans l’atmosphère. Les nappes entrent alors généralement dans une phase de vidange.

Pourquoi une forte pluie ne suffit-elle pas toujours ?

Une pluie intense peut être spectaculaire sans pour autant recharger efficacement une nappe.

Lorsque les précipitations sont très concentrées, l’eau peut ruisseler rapidement vers les rivières au lieu de s’infiltrer. En été, les températures élevées et l’activité de la végétation augmentent également l’évapotranspiration.

Il faut donc distinguer la pluie qui tombe de la pluie efficace, c’est-à-dire la fraction des précipitations réellement disponible pour alimenter les réserves souterraines.

Des nappes très différentes selon les régions.

Toutes les nappes françaises ne réagissent pas de la même manière aux précipitations.

Certaines sont dites réactives : leur niveau peut monter rapidement après des épisodes pluvieux, mais elles peuvent également se vider rapidement pendant une période sèche.

D’autres sont qualifiées d’inertielles. Leur évolution est beaucoup plus lente et peut dépendre des précipitations accumulées sur plusieurs saisons, voire plusieurs années.

Cette diversité explique pourquoi la situation des nappes peut être très contrastée entre deux régions françaises, voire entre deux aquifères voisins.

Quel est l’état des nappes phréatiques en France en 2026 ?

La situation observée à la fin de l’été 2026 est préoccupante.

Selon le dernier bulletin du BRGM, publié le 8 septembre 2026, 90 % des niveaux suivis étaient en baisse en août. À la fin du mois, 61 % des points d’observation se situaient sous les normales mensuelles, contre 44 % à la même période en 2025.

Cette dégradation s’explique notamment par le déficit de pluie efficace observé depuis le printemps, des températures élevées et la poursuite des prélèvements liés aux différents usages de l’eau.

La situation reste toutefois très différente selon les territoires. Certaines nappes conservent des niveaux relativement favorables, tandis que d’autres affichent des niveaux particulièrement bas. Le BRGM signale notamment une situation très basse pour les nappes du socle limousin, les calcaires du Jura et la plaine nord d’Alsace. À l’inverse, certaines nappes, notamment dans la région de la Vistrenque, présentent encore des niveaux élevés.

Ces chiffres montrent une réalité essentielle : parler de « l’état des nappes françaises » ne signifie pas que toutes les nappes évoluent de la même façon.

Pourquoi les nappes phréatiques sont-elles essentielles ?

Les eaux souterraines constituent une ressource stratégique pour la France.

Dans l’Hexagone, elles représentent près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de la consommation du secteur agricole. Elles sont également utilisées par l’industrie.

Les nappes jouent aussi un rôle écologique majeur. Elles alimentent les sources, contribuent au débit de certains cours d’eau, notamment pendant les périodes sèches, et participent au fonctionnement de nombreuses zones humides.

Une baisse importante du niveau des nappes ne concerne donc pas uniquement les puits ou les forages. Elle peut également avoir des conséquences sur les rivières, les milieux humides et les écosystèmes qui dépendent des eaux souterraines.

Le changement climatique complique la recharge.

Le changement climatique constitue un enjeu supplémentaire pour les eaux souterraines.

La hausse des températures augmente l’évapotranspiration et peut réduire la quantité d’eau disponible pour l’infiltration. Le BRGM souligne également que la période de recharge peut se raccourcir lorsque la végétation reste active plus longtemps en automne ou reprend son activité plus tôt au printemps.

Le problème n’est donc pas uniquement de savoir combien de pluie tombe chaque année. La saison à laquelle elle tombe, son intensité, la température et l’état des sols sont tout aussi importants.

Des précipitations très abondantes sur une courte période peuvent par ailleurs provoquer du ruissellement et des inondations sans nécessairement permettre une recharge équivalente des nappes.

Comment surveille-t-on les nappes en France ?

Le niveau des eaux souterraines est suivi grâce à des piézomètres, des ouvrages permettant de mesurer le niveau de l’eau dans les aquifères.

Le BRGM assure la surveillance du réseau piézométrique national, qui compte environ 1 650 ouvrages de surveillance équipés pour transmettre les mesures.

Ces données permettent de comparer le niveau observé à des références historiques et de suivre les tendances : hausse, stabilité ou baisse.

Cette surveillance est essentielle pour anticiper les périodes de tension sur la ressource et contribuer aux décisions concernant les prélèvements et les restrictions d’eau.

Peut-on reconstituer rapidement une nappe phréatique ?

Pas nécessairement.

Une nappe peut avoir besoin de plusieurs mois pour se recharger, et certaines nappes dites inertielles répondent aux précipitations avec un décalage beaucoup plus important. La vitesse de circulation de l’eau dépend notamment de la nature des roches et de leur perméabilité.

C’est pourquoi l’arrivée de pluies abondantes à l’automne est généralement une bonne nouvelle, mais ne garantit pas à elle seule le retour immédiat à un niveau normal.

Pour les nappes fortement déficitaires, il faut parfois plusieurs saisons favorables pour reconstituer durablement les réserves.

Quels sont les principaux enjeux pour l’avenir ?

La gestion des nappes phréatiques repose sur un équilibre délicat entre leur recharge naturelle et les prélèvements humains.

Plusieurs leviers peuvent contribuer à préserver cette ressource : limiter les consommations lorsque cela est nécessaire, améliorer l’efficacité de l’irrigation, réduire les fuites, préserver les sols capables de favoriser l’infiltration et mieux adapter les usages aux ressources disponibles.

La question est d’autant plus importante que l’eau souterraine possède une caractéristique particulière : elle est invisible. Une rivière peut sembler normale alors qu’une réserve souterraine se dégrade progressivement.

À retenir

Les nappes phréatiques constituent l’une des grandes réserves d’eau douce de la France. Elles se rechargent principalement pendant les mois les plus favorables à l’infiltration, surtout en automne et en hiver, puis se vidangent généralement au printemps et en été.

Leur évolution dépend cependant fortement du type d’aquifère, des conditions météorologiques et des prélèvements.

À l’heure où les épisodes de sécheresse et les températures élevées deviennent des facteurs de pression importants, leur surveillance et leur gestion durable deviennent essentielles.

En septembre 2026, le constat est particulièrement important : 61 % des points d’observation suivis par le BRGM affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles et 90 % sont encore en baisse. La recharge automnale sera donc déterminante pour l’évolution des réserves dans les prochains mois.

JEANNE ALICE
Author: JEANNE ALICE

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